L’interview de Yussuf Tuggar, ministre des affaires étrangères du Nigeria sur BBC est un grand cocktail de reniement, de mensonges, de stupidités et de cynisme. Cette intervention est indigne d’un homme politique nigérian, de surcroît nordiste, à l’adresse des autorités et du peuple nigérien. On se demande à quel moment le grand Nigeria souverainiste est devenu un laquais de la France qui se contente de répéter les éléments de langage de l’Élysée devant des enjeux africains qui engagent le devenir des populations du Niger. Ici on fera économie du grand mépris de Macron vis à vis de ses pairs de la CEDEAO en annonçant publiquement, lors de sa rencontre avec Ouattara le 21 novembre dernier, l’agenda qu’il assigne à la réunion de cette organisation prévue en décembre prochain. La présidence française réaffirmait le « plein soutien de la France au président Mohamed Bazoum et a rappelé que sa libération constituait un préalable à toute négociation avec les putschistes ».
Il est utile de clarifier certains points pour lever toutes les équivoques face à la meute des élites impérialistes occidentales et leurs chiens de garde en Afrique:
- L’ex président du Niger, Bazoum Mohamed, a été renversé parce que les militaires qui le gardaient et avaient la plus grande proximité avec lui au quotidien se sont rendus comptes qu’en réalité il est un des grands chefs terroristes que la France utilise pour déstabiliser le Sahel. Les nigériens les plus sceptiques ont adhéré à cette vérité lorsqu’après son renversement l’un de ses amis intimes, Rissa Ag boula, qui était d’ailleurs ministre d’État à la présidence, décida de prendre les armes contre le Niger, au nom de son mentor Bazoum. Il a récemment prêté ses troupes aux terroristes de Kidal contre l’armée malienne et ses hommes étaient aussi parmi les assaillants qui ont lancé l’attaque de grande envergure de ce weekend contre Djibo au Burkina Faso.
Aujourd’hui il est bien établi que Bazoum était le pourvoyeur de fonds pour les terroristes de la sous-région mais également leur informateur, notamment sur les mouvements de l’armée nigérienne dont il était censé être le chef suprême. Il a continué ses manœuvres même après sa chute et le CNSP a recueilli suffisamment de preuves contre lui pour que la justice nigérienne le condamne plusieurs fois à la peine capitale.
- L’opinion nationale nigérienne est absolument convaincue qu’une fois libéré, Bazoum va s’établir dans un pays à la solde de la France pour créer un gouvernement parallèle, capter des gros financements occidentaux afin de mobiliser des mercenaires qui mèneront des actions terroristes dans le but de créer suffisamment le chaos dans nos pays pour l’avènement d’une autre Libye. Ce scénario est le mieux indiqué pour les prédateurs des richesses du Sahel face à la prise de conscience collective des populations de la zone.
- La population nigérienne fait preuve d’une résilience inédite face aux sanctions monstrueuses des chiens de garde de la France et affiche sa détermination à affronter toutes les privations pendant plusieurs années. Mais les nigériens n’accepteront jamais de voir Bazoum libéré et aller s’installer ailleurs dans un exil doré pour les narguer et continuer à lancer à leur trousse une orde de terroristes sanguinaires qui mettront en péril leurs aspirations à la souveraineté entière. Les nigériens se sont finalement rendu compte que ce Bazoum n’a aucune affinité familiale avec leur pays qui freinera ses ardeurs à lui mettre le feu et à livrer ce qui en reste à ses maîtres français sur un plateau d’or.
Ainsi, le sort de Bazoum appartient aujourd’hui au peuple souverain du Niger, qui le mettra à la disposition de sa justice pour répondre de tout le mal qu’il a porté contre ce pays qui lui a tout donné. L’acharnement et les gesticulations orduriers de la France pour le libérer cachent à peine la place qu’il occupe dans l’agenda malsain contre les peuples du Sahel.
Zas