C’est un crime impardonnable que l’ancien régime ait vendu la souveraineté du Niger. Des états tiers se sont installés avec leurs soldats et leurs supplétifs terroristes pour opérer la prédation systématique de nos ressources. Du sang a coulé pour maintenir cet état de fait. Des larmes aussi. La vie humaine est devenue une variable marginale face aux intérêts des puissants. À côté, les princes au pouvoir s’adonnent au pillage des maigres miettes que le colon laisse à leur disposition. Des clans se sont formés pour partager entre eux les richesses du peuple. Ils ont diverti les nigériens avec des dossiers superficiels pour soi-disant montrer qu’ils luttent contre la corruption. Mais les vrais dossiers de prédation ne sont pas encore publics. Des chiffres qui donnent le tournis. Le nigérien ne peut même pas soupçonner que son pays dispose de tels montants.
Mais pire que tout ce qui a été cité ci-haut, l’ancien régime a dénudé l’estime de soi des nigériens de toute sa substance. Du jour au lendemain, le nigérien s’est senti démuni, incapable et finalement fataliste. Le nigérien ne prépare plus un concours parce qu’il sait qu’il ne sera admis que s’il connait quelqu’un. Il n’a plus envie de créer une entreprise qui non seulement n’aura aucun appui de l’état, mais pire se verra harceler par les municipalités et les impôts qui vont lui réclamer ce qu’il n’a pas. Et de toutes les façons, même si les taxes sont prélevées, elles serviront à entretenir autre chose que les routes, les écoles, la fourniture électrique, etc.
Le nigérien s’est retrouvé à croire qu’on ne peut devenir riche qu’en étant membre ou allié du régime, pour ceux qui ont la « chance » d’être acceptés dans le sérail, pour voler impunément les deniers publics. Le peuple voulait des champions, le régime a créé des voleurs. Le travail et le mérite ont laissé place aux alliances et aux mensonges. Ainsi tanguait le Niger, vers une destination incertaine où la grande partie des filles et des fils du pays regardent leurs devenirs sombrés dans les abimes du néant.
Puis arriva la révolution du 26 juillet 2023. Aussitôt, la fibre patriotique couvre tout le pays. Les nigériens commencent à croire que tout est possible, positivement. Des drapeaux du Niger sont accrochés aux bâtiments et aux véhicules, du jamais vu dans ce pays. Tout le monde s’est mis à regarder Télé Sahel (la TV nationale), parce qu’elle va désormais parler du vrai Niger, pas celui des fantasmes des princes. Le peuple attend le mot d’ordre de leurs nouveaux dirigeants, parce qu’il croit en eux. Un vent d’espoir commence à ressusciter les aspirations. Le peuple découvre que son pays est même riche, immensément riche. Quoi qu’il en soit, rien ne sera comme avant, le peuple a compris qu’il est capable de se lever et qu’il est possible de s’affranchir.
En face, se dresse des entités qui veulent briser les aspirations du peuple nigérien. Elles disent comprendre mieux que le peuple ce qui est bien pour lui. Elles ont même mis en place des sanctions inédites dans l’histoire des nations pour faire accepter leurs offres de bienveillance. Elles déploient des mécanismes de méchancetés profondes pour empêcher au peuple de se nourrir, de se soigner, de bien dormir, bref de vivre. Parce qu’elles aiment les nigériens, disent-elles. Elles menacent même d’envoyer des hommes et des engins de guerre pour tuer une partie de la population afin d’apporter le bonheur à l’autre partie. Percher au firmament de leurs insouciances, ces entités pensent incarner le bien. Peut-être qu’un jour si les sirènes qui enivrent l’orgueil de ces humains qui dirigent ces entités – si se sont vraiment des humains- arrêterons de retentir, au crépuscule de leurs vies insolentes, ils expliqueront les vrais motivations de leurs inhumanités sur tout un peuple.
De l’autre côté, les commerçants du Niger se sont engouffrés dans une gloutonnerie abjecte qui bouscule toute moralité. Pendant que le peuple affronte vaillamment les sanctions, les commerçants cherchent à s’enrichir davantage sur sa misère. Aucun appel à la raison n’arrive à leur faire entendre raison. Ils proclament Dieu sur leurs langues toute la journée, pendant qu’ils bafouent Ses enseignements dans tous leurs comportements. Dans leurs agissements, ils sont devenus les défenseurs de l’assertion « Ni Dieu, ni maitre ! ». Les nigériens découvrent, pétrifiés, le visage lugubre des comportements d’une partie des leurs. Pendant ces périodes d’épreuves pour le peuple, les commerçants nigériens sont entrain d’écrire leurs noms au verso des pages de l’histoire du pays.
Mais le peuple nigérien peut transcender toutes ces adversités avec le travail. La découverte soudaine par le peuple de son potentiel de mobilisation doit se matérialiser par la remise au travail. Les nouvelles autorités doivent donner l’impulsion. Tous les comités de soutien aux nouvelles autorités doivent se transformer en organisation d’action pour la construction du Niger de demain. Le potentiel de ce pays est immense. Il faut que les nigériens trouvent en eux, sur leur territoire les moyens de contourner les sanctions iniques qui leur sont imposées. Il faut ensuite qu’ils trouvent les meilleures voies pour édifier ce pays et assoir leur souveraineté.
Il faut qu’une partie des nigériens prennent d’assaut la terre pour produire le riz que tout le pays doit consommer, pour produire les céréales, les légumes, les fruits qui vont nourrir les autres nigériens, jusqu’à l’exportation. Dans ce sens, plusieurs programmes ont été élaborés qui consistent à mettre en contribution les commerçants patriotes qui peuvent investir pour produire localement les denrées alimentaires au lieu de les importer, tout en créant des emplois. C’est le moment pour que les nigériens nourrissent véritablement les nigériens et même les autres peuples du Sahel. Tout est possible, l’autosuffisance alimentaire ouvre la voie du développement.
Il faut qu’une autre partie s’investisse dans les nouvelles technologies pour être en phase avec la marche du monde. Un nombre de plus en plus croissant de jeunes possède des connaissances suffisantes dans ces domaines pour lancer une véritable révolution au Niger. C’est le moment de libérer tous les potentiels pour rendre service au pays.
Il faut que les plus nantis fassent pousser des industries dans tous les domaines. Un pays ne peut jamais s’inscrire dans le concert des nations sans programme industriel. Le développement industriel est un véritable tremplin pour construire le nouveau Niger.
Aujourd’hui les nouvelles autorités du Niger sont entrain de mettre en œuvre divers programmes de développement pour changer radicalement le pays. Mais si le peuple n’amorce pas le changement à la base, ces efforts finiront vaines. La dualité des actions de la base et du sommet est un impératif pour tout changement. Les autorités ont besoin de l’éveil et de l’engagement des populations pour être au service de la nation.
Le travail permet d’être libre, de s’épanouir et d’être utile à la patrie. Alors, « en avant pour le travail, en avant pour le combat ».
Zas