L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT : L’ARNAQUE MONUMENTALE CONTRE L’AFRIQUE !

L’aide publique au développement désigne l’ensemble des ressources fournies aux pays « pauvres » dans le but déclaré de favoriser le développement économique et d’améliorer le niveau de vie de leurs habitants. L’expression en elle-même est trompeuse en ce que cette « aide » est dans la majorité des cas un prêt remboursable avec des intérêts. C’est certainement une aide, mais pas dans le sens que cela semble indiqué.

Depuis les années soixante-dix, les pays du nord se cachent derrière cette manœuvre pour prouver leurs efforts dans la répartition des richesses de la terre. Les pays du sud qui se plient aux dogmes néolibéraux et aux injonctions du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale se voient coller des labels avec divers superlatifs qui leur permettront d’être acceptés sur la liste des « heureux » bénéficiaires des multiples programmes d’aide publique au développement. Bien évidemment ces pays perdent en indépendance et en souveraineté dans la définition de leurs propres politiques. Ils se retrouvent dans l’obligation de satisfaire les exigences des bailleurs de fonds s’ils souhaitent continuer à recevoir l’aide.

Or cette « aide », même dans les rares moments où elle est véritablement débloquée, est presque exclusivement un prêt en devises, qui devra donc être remboursé en dollars ou en euros. Cette contrainte financière aboutit à orienter les prêts dans le financement d’activités tournées vers l’extérieur pourvoyeuses de devises, comme les cultures de rente et surtout l’extraction de matières premières. On ne finance donc pas l’activité qui satisfait les besoins locaux – ce qui devrait être une priorité de l’aide – mais les activités tournées vers l’extérieur. Quoi qu’il en soit, les pays du nord sont toujours les gagnants. Ils ont organisé le monde et la mondialisation à leur seul avantage de façon à  recevoir une part disproportionnée de ses bénéfices, aux dépens du sud, notamment de l’Afrique.

C’est pourquoi au fil des années, cette aide au développement n’a rien changé des conditions de vie de ceux qui la reçoivent. Elle s’est révélée comme un puits sans fond qui englouti tous les espoirs d’une meilleure vie pour les populations. Les pays du nord tirent tous les avantages : ils maintiennent leur pouvoir et font accroître leur influence sur les récipiendaires, ils gardent le contrôle sur les richesses  de ces derniers à moindre coût. Ils distribuent quelques miettes de pain et des jeux pour les pauvres, ils gardent le gouvernement du monde pour eux. Aujourd’hui,  selon le rapport du World Inequality Lab, les 10% les plus riches détiennent 76% de la richesse mondiale, tandis qu’à l’inverse, les 50% les plus pauvres n’en possèdent que 2%. Et cet écart ne cesse de grandir depuis des décennies.

Ainsi donc, le sud demeure absolument dépendant du nord qui peut créer à volonté des cycles de famine pour justifier la nécessité de maintenir cette supercherie qu’est l’aide publique au  développement. Il est aujourd’hui bien établi que la faim dans le monde n’est pas une calamité naturelle, mais le fruit de diverses manœuvres du nord qui non seulement empêche le développement agricole local, mais en plus développe une politique d’accaparement des terres, en créant des conflits armés et des groupes terroristes de toutes pièces pour maintenir une tension infernale et permanente. Il serait très difficile aux néocolonialistes de l’occident de venir expliquer aux populations locales que si elles cultivent leurs terres, elles accéderont à l’autosuffisance alimentaire et qu’elles vont déjouer les projets peu orthodoxes des occidentaux. Il serait encore plus difficile d’expliquer à ces populations de quitter les terres de leurs ancêtres parce que des ressources minières s’y trouvent en dessous et de laisser les prédateurs les piller en donnant très peu de choses en contrepartie. La « meilleure solution » est de monter des groupes armés qui vont semer suffisamment le chaos pour que les autochtones supplient eux-mêmes les supers « bienfaiteurs » du nord à venir les aider pour tout quitter. Même ce « secours » sera compté dans les prêts à rembourser dans le programme de l’aide publique au développement.

Par ailleurs, cette aide publique au développement est une superbe escroquerie dans les montants annoncés et décaissés. Les bailleurs de fonds communiquent toujours sur leurs engagements, et non sur leurs transferts effectifs de fonds vers les pays ciblés. Ainsi, la communication sur un projet de 100 millions de dollars dans ledit pays ne veut pas dire que le bailleur va transférer 100 millions de dollars, mais va importer tout au plus quelques bricoles comme des préservatifs, des pilules de contraception, des ballons de foot, quelques médicaments périmés ou des ordinateurs déphasés, le tout acheté en surfacturation avec les entreprises du pays donateur, pour un montant de 30 millions de dollars.

Le reste des 70 millions est en réalité la contrepartie du pays qui est sensé recevoir l’aide. Ainsi, pour reprendre notre illustration avec les 100 millions de dollars annoncés par un pays comme la France, en admettant que 30 millions feront l’objet de « décaissement » au profit d’un pays comme le Niger, on se retrouve avec une situation de contrepartie de la part du Niger comme suit : 30 millions seront considérés pour l’annulation d’une dette contractée par le Niger pour payer des experts français qui avaient formé des jeunes nigériens sur les bienfaits de la tolérance vis-à-vis des personnes LGBT ou sur la nécessité pour les femmes nigériennes d’arrêter de procréer. Quand ils disent vouloir le bien-être des jeunes et des femmes, c’est généralement dans ce sens. 5 millions vont être gardés par le pays « donateur » comme frais des bourses accordées aux étudiants nigériens ainsi que les dépenses liées à leur accueil. 20 autres millions vont servir à rémunérer d’autres experts français pour leur plaidoyer en faveur du déblocage de l’aide. Disons clairement qu’il s’agit des montants des commissions et retro-commissions que se partagent les élites des deux pays. Et cela n’empêchera pas à ces élites du nord de venir faire la morale au sud sur ce qu’ils appellent proprement la bonne gouvernance. Les 15 millions restants serviront comme coût de l’administration de l’aide, c’est-à-dire les salaires, l’hébergement et le bien-être des expatriés français en mission à Niamey ou Zinder. Finalement, les seuls bénéficiaires de l’aide restent les propriétaires des grosses villas dans les quartiers huppés de ces villes, c’est à dire les princes au pouvoir.

Non seulement le pays du sud ne voit aucun flux financier dans les caisses de sa trésorerie, il sera ensuite contraint d’accepter un autre programme d’aide afin de prendre en compte d’autres rubriques que notre exemple de 100 millions n’a pas réglé. Comme par exemple la facture de chauffage de centres de rétention pour réfugiés nigériens sur le sol français, ou le financement des missions archéologiques de la France dans la région d’Agadez ou de Diffa.

Même l’argent versé au gouvernement du pays bénéficiaire pour maintenir la base militaire du pays « donateur » est comptabilisé dans l’aide publique au développement. Ainsi, les pays du sud doivent rembourser ceux du nord pour avoir gardé les soldats de ceux-ci sur leurs sols, venus bafouer leur souveraineté et voler leurs richesses. Au Mali l’opération Barkhane a couté 2 millions d’euros par jour au contribuable malien pendant 9 ans, soit plus de 6,5 milliards d’euros ! Ici on frôle véritablement le comble du cynisme.

De nos jours, avec les multiples révolutions qui se réalisent dans les pays du sahel, les pays occidentaux annoncent avec fracas l’arrêt de leurs aides publiques au développement en faveur des révolutionnaires. Leurs médias mainstreams sont mis en contribution avec des grandes campagnes de désinformation prédisant toutes sortes de calamités que les ruptures de ces « aides » engendreront. Ceci, dans le but de pousser les populations à se dresser contre leurs nouvelles autorités qui sont caricaturées comme étant opposées à leur bien-être. Des tas de mensonges qui vont évidemment fondre à la lumière des réalités que vivent les populations.

L’aide publique au développement est un gros mensonge, un leurre qui doit être repoussé par tous les États qui aspirent véritablement à leur développement.

Zas

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