Le Niger envoi au Nigéria une lettre fraternelle pour la célébration de l’anniversaire de son indépendance

Dans sa logique de maintenir le dialogue depuis les évènements du 26 juillet dernier au Niger, le Général de Brigade Abdourahamane Tiani a envoyé une lettre en date du 29 septembre 2023 au Président Bola Ahmed Tinubu à l’occasion de la célébration du 63e  anniversaire de l’indépendance de la République fédérale du Nigéria, le 1er octobre 2023.

Le Chef de l’État nigérien S.E.M. Abdourahamane Tiani à adresser ses « vives et chaleureuses félicitations » au Président Tinubu, son gouvernement et « au peuple frère du Nigéria ».

Malgré les agissements inamicaux de Tinubu à l’égard du Niger, Abdourahamane Tiani à réaffirmer sa « disponibilité ainsi que celle du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie et du Gouvernement, à œuvrer de concert avec Votre Excellence et votre Gouvernement, au renforcement et au développement des relations d’amitié, de fraternité et de coopération entre nos deux pays et nos deux peuples ».

Il faut rappeler que depuis le 30 juillet 2023, le Nigéria a décidé de façon unilatérale, de couper la fourniture en électricité au Niger en application des sanctions iniques, illégales et illégitimes de la CEDEAO, avec entres autres, la fermeture des frontières et l’arrêt de toutes les transactions financières. Et tout cela assorti d’une menace de guerre.

Mais dans un élan de paix et de bienveillance, le Chef de l’État nigérien continue de fonder « l’espoir que les gouvernements de nos deux pays, au destin intimement lié, sauront toujours transcender les situations conjoncturelles qui pourraient nous opposer, pour continuer à préserver la paix entre nos deux nations sœurs et les liens fraternels entre nos populations ».

Dans les faits, Tinubu n’a pas porté un regard lucide dans les pages de l’histoire édifiante entre les deux nations : La centrale hydroélectrique de Kainji qui fournit au Nigéria son électricité n’a vu le jour que grâce à la diligence du Niger. En effet, cette centrale est fournie par un barrage dans l’ouest du Nigéria, construit sur le fleuve Niger. En 1964 lors du démarrage des travaux du barrage, le Niger voisin portait aussi les mêmes ambitions d’en construire un.  Le barrage de Kainji qui avait besoin d’un réservoir d’environ 15 millions de mètres cubes d’eau ne sera pas suffisamment desservi si le Niger construisait le sien. À la suite d’un compromis, le Niger a renoncé à son projet pour faire place à celui du Nigéria, à la condition que celui-ci accorde à son voisin une fourniture électrique exclusive et continue, à des tarifs préférentiels.

Aujourd’hui, les peuples du Niger et du Nigéria demeurent profondément indignés par cette attitude malveillante du président Tinubu qui adopte des sanctions qui pénalisent non seulement la nation frère du Niger, mais aussi son propre peuple et de surcroît les populations du nord de son pays qui l’ont massivement élus pour qu’il soit président. Plus révoltant encore, il obéit à des injonctions de la France.

Il oublie que c’est cette même France qui a favorisé, encouragé, armé et entretenu la rébellion de Biafra de 1963 qui failli faire éclater le Nigéria. Une autre guerre de prédation de la France dans sa longue tradition de massacre en Afrique pour faire main basse sur les ressources naturelles. Et une fois de plus, le Niger a joué un rôle important dans la préservation de l’intégrité de la République sœur du Nigéria.

Dès le début la guerre, les jeunes nigériens partaient d’eux-mêmes rejoindre l’armée du Nigéria par devoir de bon voisinage, par solidarité et fraternité. Et il y a des Nigériens qui sont sortis colonels de l’armée du Nigéria. Le Niger était en soutien à l’État fédéral. Le président Diori envoyait l’officier Sani Souna Siddo en Europe pour acheter des armes au nom du Niger. Des armes qui en réalité étaient destinées au Nigeria.

Au même moment, le régime français soutenait les rebelles. Pour contourner l’embargo sur les armes imposé aux deux (2) parties, le Général de Gaulle procède à l’armement de l’État de Biafra sous le couvert de l’aide humanitaire apportée à ce peuple. Dès le début du conflit, un avion de bombardement B26 a été fourni par l’armée française et acheminé à Enugu, capitale du Biafra, par un équipage français.

Alors que le Niger agissait par solidarité, la France négociait avec les rebelles (par l’intermédiaire de  Francis Chuchuka Nwokedi, le représentant biafrais), pour détruire le Nigéria afin de recevoir les droits exclusifs d’extraction de différents minerais solides, liquides et gazeux, contre versement immédiat de 6 millions de livres, en plus des armes. En 7 (sept) ans de conflits, l’attitude inhumaine de la France a provoqué des millions de morts.

Tinubu doit regarder l’histoire avec intelligence. Il n’est pas encore trop tard pour s’inscrire sur la lignée des dignes fils du Nigéria qui n’ont jamais trahi les liens sacrés avec leurs frères du Niger.

Zas

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