LES GUERRES DE PRÉDATION : UNE TRADITION MANIFESTEMENT FRANÇAISE

Le dimanche 24 septembre 2023 le président  français annonce sa volonté de quitter le Niger avec son ex ambassadeur en situation irrégulière et ses soldats d’occupation illégalement installés au Niger. Cette annonce est certes une victoire mais une victoire d’étape qui doit pousser le peuple nigérien à rester encore plus mobilisé et surtout plus vigilant.

Le colon français est très perfide, il ne lâche pas facilement sa proie surtout que sa survie en dépend. Il va user de tous les subterfuges pour diviser, démotiver et massacrer. Il va dépoussiérer tous les programmes de déstabilisation déjà élaborés pour de telles circonstances, certains déjà tester sur d’autres terrains, d’autres spécifiques à la nouvelle donne.

En 1958, lorsque la Guinée avait dit NON à la France, De Gaulle avait mis en œuvre un programme pernicieux pour déstabiliser Sékou Touré, le rendre vulnérable, impopulaire et faciliter la prise du pouvoir par l’opposition. Plusieurs barbouzes firent envoyés en Guinée pour cette opération. Avec l’aide d’exilés guinéens réfugiés au Sénégal, ils organisèrent des maquis d’opposition dans le Fouta-Djalon. La France voudrait par tous les moyens garder la main sur les richesses immenses de la Guinée. Les barbouzes français ont armé et entraîné ces opposants guinéens pour qu’ils développent un climat d’insécurité en Guinée avec l’objectif final de renverser Sékou Touré. 

Parmi ces actions de déstabilisation, ils ont montés l’opération « Persil » qui a consisté à introduire dans le pays une grande quantité de faux billets de banque guinéens dans le but de provoquer un effondrement économique et déclencher ainsi des insurrections armées contre le gouvernement.

La dernière opération d’envergure de déstabilisation de la France en Afrique reste la destruction de la Libye et l’assassinat du Colonel Kadhafi. Pourtant ce dernier donna même quelques gages de collaboration à Sarkozy. En décembre 2007 il fut son invité spécial pendant dix jours avec tous les honneurs, en accédant même à son caprice de planter sa tente de bédouin à l’Élysée.

À l’époque, la France visait deux objectifs en Libye : vendre au pays dix milliards d’euros de hautes technologies dans le domaine de l’armement et surtout prendre le contrôle des grosses réserves de pétrole et de gaz de la Libye, avec une fixation spéciale sur le bloc NC7. Ce bloc est une énorme réserve de Gaz Liquéfié Naturel découvert par la compagnie pétrolière française TOTAL à l’ouest de la Libye avec des réserves qui peuvent alimenter l’Europe pendant 30 ans. En matière de pétrole, il faut rappeler que la Libye c’est une réserve de 44 milliards de barils. De quoi exciter les neurones du prédateur français.

En 2008 Kadhafi a accepté de concéder le gisement NC7 aux français, à condition qu’ils soient les seuls exploitants sans faire intervenir un autre État. Bien évidemment la nature trompeuse des français prit le dessus. Ils invitèrent le Qatar dans le deal, rompant ainsi une clause du contrat avec les libyens qui se fâchèrent et dénoncèrent ledit contrat. Au lieu de revenir à un comportement rationnel de respect de la clause, les français ont préféré une autre option diabolique qui consista à détruire la Libye pour tuer Kadhafi et voler les réserves pétrolières et gazières du pays.

Ainsi, en septembre 2010 les barbouzes français commencent à s’installer en Libye, du côté de Benghazi, avec les mêmes méthodes déjà mis en œuvre ailleurs. Les actions de désinformation et de sabotage sont lancées. D’une part, ils font miroiter aux libyens qu’ils ont le droit d’aspirer au mouvement du printemps arabe qui secoue la région à l’époque, qui était soi-disant porteur de liberté et de libération, d’autre part ils les ont convaincu qu’une fois Kadhafi chassé la vie sera dix fois meilleure que ce qu’elle est aujourd’hui.

C’est le lieu d’ouvrir une parenthèse ici pour attirer l’attention des peuples du sahel et ceux du Niger en particulier sur les manœuvres françaises en termes de communication. Les réseaux sociaux sont des outils à double tranchant : aujourd’hui n’importe qui peut se cacher dans sa chambre pour enregistrer un vocal ou une vidéo qu’il va balancer sur les réseaux pour donner une information qui peut susciter la méfiance, la colère ou l’antipathie à l’endroit de nos vaillantes autorités qui ont pourtant pris tous les risques pour libérer nos États. La guerre de communication est la plus pernicieuse de nos jours. Et malheureusement, elle prépare la guerre des armes, qui elle-même ne se gagne qu’avec la communication. Les milliers d’informations distillées chaque jour sur les réseaux sont destinées à exacerber notre psychisme pour le rendre fertile à l’acceptation de la désinformation. Le colon ne dort pas, il fera tout pour nous assujettir. Un effort de vigilance active est requis pour nos populations afin de faire face à la manipulation.

Pour revenir à notre drame de la Libye, les services secrets français achetèrent la loyauté de Nouri Masmari, chef de protocole de Kadhafi en octobre 2010, qui fut débriefé et donna de précieuses informations aux ennemis pour détruire son pays. Pour le cas du Niger, Nouri Masmari a un autre nom : Hassoumi Massaoudou.

De toute l’histoire dramatique des guerres coloniales de la France en Afrique, les victoires françaises n’ont été remportées que grâce aux traitres de maison. En décembre 1916, le résistant nigérien Kawusan des Ikaskazan a mené la plus grande insurrection anticoloniale qui ébranla l’Empire colonial français dans l’aîr. Kawusan avait assiégé la garnison française pendant 82 jours et l’aurait certainement prise sans la traitrise de Moussa ag Amastan de l’Ahaggar. Le Massaoudou de l’époque. En cette fin septembre 2023, la résistance anticolonialiste burkinabais a failli être ébranlée par des ennemis internes. Mais la détermination du peuple burkinabais a pris les dessus.

Ainsi, en Libye, en début d’année 2011 la France lança une grande offensive de communication pour justifier l’invasion : ce n’est ni le pétrole, ni le gisement NC7 qui sont mis en avant mais le « droit à l’intervention humanitaire » pour sauver Benghazi, campagne mené par Bernard Henry Lévis, un sioniste notoire au service de l’impérialisme. Le 17 mars 2011 l’ONU vota la résolution qui permettait à l’OTAN d’envahir la Libye. Deux jours plus tard, l’aviation française et britannique rentrait déjà en action.

À l’époque Sarkozy justifiait l’opération qui consistait, selon lui, à donner « aux peuples libyens le droit de choisir son destin ». Il avait juste oublié de préciser au passage que 15 jours après s’être engagé au côté des rebelles libyens, les français vont être récompensés par une promesse pétrolière. Un document signé entre le Conseil National de Transition (CNT) libyen et les autorités françaises, un accord pétrolier confidentiel qui leur donne 35% du pétrole libyen. Depuis lors, la France déclencha la déstabilisation du Sahel dont les répercussions sont vécues au quotidien par nos populations. Mais c’est oublier la fibre patriotique des militaires sahéliens qui prirent à leur tour leurs destins en main pour faire échec à l’entreprise maléfique de la France. Après un laborieux cheminement pour chasser les divers régimes à la solde du colon français de leurs pays respectifs, les militaires au pouvoir au Burkina Faso, au Mali et au Niger actèrent l’Alliance des États du Sahel le 16 septembre dernier. Un programme fort dans un sahel en mutation. Les plans néfastes de la France se retrouvent perturbés.

 Avec l’attaque terroriste du jeudi 28 septembre 2023 à Kandadji, dans l’ouest du Niger, la France ne prend plus le soin de dissimuler son programme diabolique de déstabiliser le pays pour préserver ses intérêts. Les groupes terroristes déjà formés et armés par les barbouzes français entrent en action. Même les cellules dormantes sont ressuscitées. Et par ailleurs la campagne de désinformation est mise en branle. La France perpétue ainsi sa longue histoire de guerres de prédation.

Il y a juste un seul petit détail qui échappe au régime français : au Sahel, et particulièrement au Niger, il fera face à un  peuple unis autour de ses autorités, avec sa mobilisation, ses conseils et surtout ses prières.

Zas

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